Là-bas
Là-bas à
Rabat j’ai un cœur qui bat
J’ai des
lèvres qui, comme des lièvres,
Courent
après celle qui, sans ailes,
Vole à
travers ciel
Où l’on peut
voir, matin et soir,
Des étoiles
portant le voile
Dont la Lune
fait la Une
De son
journal!
La Lune,
cette belle brune,
Ecrit, et
crie, qu’elle aime
Celle que
j’aime
Et que je ne
connais pas.
Que
m’importe ! Je fais en sorte
Qu’elle soit
là-bas à Rabat.
Je l’aime.
Je l’aime.
Je l’aime
dans son voile.
Je l’aime
chair et poil.
Et je
l’attends tout le temps
Comme les
gens des dunes
Attendent la
lune.
Oui, je
l’attends. Oui, je t’attends!
Et c’est de
moi que tu te caches, chérie?
Moi qui, si
je ris,
Je ne ris
que pour toi?
Moi qui, si
je chante,
Je ne chante
que pour toi!
Et toi, qui
me hantes,
Tu te caches
de moi?
Je t’aime
A toi qui
n’as pas d’amant
A toi qui
rêves du Prince Charmant
Que tu
cherches et ne trouves nulle part
A toi je dis
:
Je t’aime !
Je t’aime
car, tu sais,
Toi aussi
t’as a nice face
Même si l’on
ne le voit pas sur MySpace
Toi aussi
t’as un nouveau look
Même si l’on
ne le voit pas sur Facebook
Toi aussi
t’es une femme
Que les
hommes devraient voir
Je t’aime
car, tu sais,
Toi aussi
t’as de belles robes
Seulement
t’es pas terriblement snob
Toi aussi
t’as une magnifique chevelure
Seulement
les hommes ne sont pas si mûrs
Toi aussi
t’as un très joli sac
Seulement
les filles qui ont le trac
Aimeraient
tout ce qui craque
Mais, t’en
fais pas, car, tu sais,
Je t’aime !
Je t’aime
quand tu te lèves le matin
Ou à l’aube
Je t’aime
quand tu peignes tes cheveux
Je t’aime
quand tu choisies ta robe
Qu’elle soit
de lin ou de satin
Puisque
c’est toi qui la veux
Je t’aime
quand tu mets ton foulard
Je t’aime
quand tu fais ta prière
Je t’aime
quand tu dis au revoir
A ta mère et
à ton père
Je t’aime
quand tu descends l’escalier
Je t’aime
quand tu marches comme un écolier
Je t’aime
quand tu évites les regards
Des hommes
aux yeux de renard
Je t’aime
quand tu souris
Chaque fois
que tu vois
Une fleur
fleurie
Ou un joli
chat sur un toit
Je t’aime
quand tu fais ce que tu fais
Au bureau, à
l’école ou à la mosquée
Et quand tu
reviens le soir
Et que tu
éteins la lumière
Et que tu ne
vois plus que le noir
Je te
rappelle que la lumière
Est dans ton
cœur
Une fleur
comme toi ne meure jamais
Une fleur
comme toi doit être aimée
Et moi, je
t’aime
Même si je
ne te vois pas
Je t’aime
même si un jour
Un autre
homme que moi
Viendra
t’offrir plein d’amour
Et tu te
foutras de moi !
Je l’aime
On me parle
de compléments alimentaires
Et de
drogues pour calmer mes nerfs.
On me dit :
« Joue aux cartes ou regarde la télé,
Et laisse ta
bien-aimée telle qu’elle est.
Elle ne
viendra pas si tu lui dis des poèmes :
Les femmes
s’en foutent de ceux qui les aiment.
Regarde
comme elle fait la vaisselle
Alors que
toi tu te brûles la cervelle.
Regarde
comme elle fait la cuisine
Alors que ta
vie –toi– est en ruine.
Et si elle
sait que tu penses encore à elle,
Eh ben, elle
récidive, et elle fera la lessive
Pendant que
tu penses à elle !
Oublie-la et
pense à ta santé.
Le monde est
beau et plein de bonté.
La femme
n’est faite que pour la table et le lit :
Ne lui offre
jamais ni jasmin ni lys.
Dis-lui des
mensonges si tu en as :
La vérité
n’est pas faite pour les nanas !
Fais ça et
elle viendra vers toi,
Tu verras,
elle changera ton chagrin en joie ! »
Je leur dis
que le soleil quand il se lève
A Marseille
ou à Genève,
Il ne pense
ni à moi ni à ma bien-aimée.
Je leur dis
que, qu’elle dise non ou qu’elle dise oui,
La lune
viendra toujours éclairer la nuit.
Je leur dis
que, qu’elle pense à moi ou qu’elle m’oublie,
La terre
donnera toujours des jasmins et des lys.
Je leur dis
que elle aussi a un cœur qui bat
Et que elle
aussi n’aime pas le célibat,
Mais peut-être
qu’elle n’aimerait pas mentir
Ou m’aimer
juste pour me faire plaisir.
Je leur dis
que si je lui dis des poèmes
Eh ben c’est
parce que je l’aime :
Je l’aime
dans son orgueil
Comme une
pomme entre les feuilles…
A la cime de
l’arbre.
Des mots
J’aurais
aimé,
Ma chérie
bien-aimée,
Te faire
construire
Un Taj Mahal
J’aurais
aimé,
Ma chérie
bien-aimée,
T’offrir des
jardins Agdal
Ou un
Buckingham Palace
Ou encore
une tente dans les étoiles
Ou un
château à Dallas
Mais, tu
sais,
Ma chérie
bien-aimée,
Je n’ai ni
or ni argent
Je n’ai que
ce Français
Qui vole mes
pensées
A l’oubli
Et en fait
des vers
Bien jolis
Oui, chérie,
Je n’ai ni
or ni argent
Je n’ai que
des mots,
Des mots
qu’aucun argent
Ne peut
acheter!
Des mots que
seule toi
Peut
entendre de moi,
Des mots qui
feront de toi
Une reine
gâtée.
Toute la
France entrerait en danse
-Et même en
transe!-
Si jamais je
disais ces mots
A toi, à
haute voix!
Des mots qui
valent de l’or
Et même
plus!
Des mots que
je te dirai encore et encore
Ne fût-ce
Que pour ces
années éphémères!
Des mots
tout ronds
Qui te
rappèleront
I’Odyssée de
l’Amour
Depuis
toujours
Je te
parlerai de ces rois
Qui ont
subitement tout quitté
Dans leurs
châteaux
Pour aller
vivre dans les prairies
Avec leurs
amours chéris.
Je te
parlerai d’Alexandre et Roxane
Je te
parlerai d’Abla et Antar,
De ces
paysans et paysannes
Dont l’amour
était art,
Et que les
jeunes du désert
Chantent à
la flûte sur la route
Des
caravanes!
Je te
parlerai de tes bijoux
Je te
parlerai de tes cheveux
Je te
parlerai de ton parfum préféré
Je te
parlerai de ton peigne
Et de ton
chapelet
Je te
parlerai de tout
Ce qui te
plaît
Je te parlerai
de ton sac à main
Et de ton
prie-Dieu.
Je te
parlerai des lueurs de bonheur
Dans tes
yeux
Je te
parlerai de ton sourire
Je te
parlerai de ton soupir
Je te
parlerai de ton enfance
Que je ne
connais pas
Je te
parlerai de tes rêves
Que tu
n’oublies pas.
Je te
parlerai de tes larmes
Que je ne
vois pas
Je te
parlerai de tes mains
Qui ne me
touchent pas
Je te
parlerai du bébé
Dont tu
rêves encore et encore.
Je ferai
parler de toi
Tous les
chanteurs
Et tous les
rois
Je rendrai
toutes les femmes
Jalouses de
toi!
Je te dirai
des mots encore et encore
Avant de te
dire:
Maintenant,
chérie,
Dors, je
t’aime!
Reviens, je
t’attends !
Une main
tendue, un cœur fendu
Il ne reste
plus
Que je sois
pendu
Pour que tu
sois heureuse !
Tu jettes
mes fleurs
Tu veux que
je pleure
Tu dis que
je ne t’ai pas plu.
Menteuse !
Je sais que
chez toi
Rien n’est
plus en vogue
Que mon
skyblog
Que tu vois
malgré toi !
Jure-le, si
c’est pas vrai !
Dis que tu
le fais de plein gré !
Non, je ne
suis pas fou :
Ton amie me
dit tout !
Tu ne peux
rien cacher.
N’empêche
que tu restes fâchée,
Fâchée
malgré toi !
Je sais que
tu penses à moi
Quand tu
épluches les légumes
Je sais que
tu penses à moi
Quand tu
vois quelque chose
Comme mon
costume.
Je sais que
tu penses à moi
Quand tu
entends mon nom
Je sais que
tu penses à moi
Même si tu
jures que non !
Je sais que tu
es plus tendre que la laine
Je sais que
tu ne fais que feindre la haine
Je sais que
tu veux revenir
Je sais que
tu veux devenir
La seule
femme au monde pour moi.
Je sais que
tu sais
Que je
n’aime que toi !
Méfiance
La poule et
les poussins,
Le renard et
le lapin,
La baleine
et le requin
Tous sont
témoins
Que je ne te
veux que du bien.
La colombe
et l’hirondelle,
Le lion et
la gazelle,
La Tour
Hassan et la Tour Eiffel–
Tous sont
témoins
Que je ne te
veux que du bien.
Mon
ordinateur et ma plume,
Mes rasoirs
et mes costumes,
Ma joie et
mon amertume–
Tous sont
témoins
Que je ne te
veux que du bien.
La panthère
et la vipère,
La bruine et
le tonnerre,
La paix et
la guerre–
Tous sont
témoins
Que je ne te
veux que du bien.
Mais toi
t’as ta propre loi :
Pour toi je
n’ai ni âme ni foi,
Je ne suis
qu’un morceau de bois.
Pourtant,
tous sont témoins
Que je ne te
veux que du bien.
Tu
m’insultes dans tes messages,
Tu y étales
toute ta rage,
Puis tu
pleures comme un enfant au bas âge,
Car toi-même
tu m’es témoin
Que je ne te
veux que du bien.
Tu ne sais
quoi faire de ton cœur.
Il m’aime,
mais tu préfères qu’il meure !
Et tout ça
parce que tu as peur,
Tu as peur
d’un homme écrivain
Qui ne te
veut que du bien.
Oh, ma
chérie !
Oh, combien
je t’aime !
Folie
C’est parce que je suis fou que je t’ai perdue.
C’est parce
que je suis fou que je t’ai aimée.
C’est parce
que je suis fou que je pense à toi.
C’est parce
que je suis fou que je ne t’oublie pas.
Quand je
vois une femme sortir d’un hammam,
Je pense à
toi.
Quand je
vois un mannequin devant un magasin,
Je pense à
toi.
Quand je
vois une carte postale de femmes en voile,
Je pense à
toi.
Quand je
vois du couscous, je pense à toi.
Quand je
vois une théière ou même une cuillère,
Je pense à
toi.
Quand le
soir j’éteins la lumière,
Je pense à
toi.
Quand je me
réveille au milieu de mon sommeil,
Je pense à
toi.
Et si je
pense à toi c’est parce que je suis fou de toi.
Je suis fou
de ton sourire qui me manque.
Je suis fou
de ton parfum qui me manque.
Je ne te
demanderai donc ni dommages ni intérêts.
Je ne te
demanderai pas
De me rendre
mes années sans toi.
Je ne te
demanderai pas
De me
ramener à la raison.
Je ne te
demanderai pas
De venir à
ma maison.
Je ne te
demanderai rien du tout,
Car tu ne me
donneras rien du tout :
Tu ne
donneras rien à un fou !
Les courses
d’un amoureux généreux
Pour toi, je suis allé par deux fois
Chez la couturière :
Mais - hélas ! - elle n’avait de robes ni de jupes que pour les dupes–
Pas pour une belle femme comme toi !
Le parfumeur, non plus, n’avait de parfums que du superflu–
Rien d’original, rien qui soit digne de toi !
Le joaillier, lui, avait tout, vraiment tout- sauf de beaux bijoux
Que j’aimerais voir sur ton cou ou sur tes doigts.
Le cordonnier, encore pire ! Ses chaussures auraient pu détruire
Tes beaux pieds qui sont plus souples que la soie !
Que dire du menuisier ! Il avait tant de trucs plus beaux qu’un rosier–
Mais moi je voulais pour toi ...
Un lit qui soit du plus beau bois.
Hélas ! Le menuisier n’avait pas ce lit-là !
Tu penses que j’allais te trouver une belle rose
Chez le vendeur de roses…
Mais non, chérie ! Le vendeur de roses avait des roses
Pour toutes les femmes du monde – sauf pour toi !
Quant au marchand de fruits, quand je me suis présenté à lui,
Il m’a dit, l’air étourdi : « Je suis désolé ;
Mais tous nos fruits ont été congelés.
Va à la campagne chercher des fruits frais pour ta compagne ! »
Tu penses que j’y suis allé !
Non, mais c’était le tour du pâtissier :
Oh comme il était bon ce pâtissier !
Oh comme il savait parler de ses gâteaux ;
Mais ce que je voulais pour toi...
N’était nulle part dans ses plateaux !
Il me restait encore le libraire :
Je lui ai demandé alors un livre qui puisse distraire
Une princesse comme toi.
Eh ben, tout ce qu’il m’a proposé était réellement à l’opposé
De ce que je voulais pour toi !
Devine, alors, ce que j’ai fait.
J’ai oublié les contes de fées.
J’ai enfin rebroussé chemin.
Regarde mes mains :
Je ne t’ai rien acheté !
Ah si ! Tiens !
Une télécarte. Tu sais combien ?
Cinq dirhams ! Mais pour toi, ma future dame,
Ça fait rien !
Vas-y ! Téléphone à ta mamie qui est au bled.
Mais ne lui dis rien de Mohamed !
Ne lui raconte surtout pas mon histoire :
Elle dirait de moi un vrai avare !
Questions
Pour qui te
rases-tu?
Me demande
mon rasoir.
Je recherche
la réponse dans mon miroir,
Qui me fait
lire mon impuissance dans mon regard.
Je me
regarde encore dans la glace
Et mes yeux
me regardent bien en face
Et me
disent, à ma grande surprise:
Pourquoi te
fais-tu tout beau?
Ta
bien-aimée t’a pris pour un sot
Oui, elle ne
pense pas à toi
Me disent
toutes mes choses à la fois!
Même ma
douche me dit d’une voix louche:
Pour qui te
laves-tu?
Je lâche
alors mon rasoir.
Je détourne
les yeux de mon miroir.
Je rentre
dans ma chambre
Et je pense
à toutes ces questions laissées dans l’ombre,
Puis,
j’écris ce poème.
Et j’oublie
celle que j’aime.
Je ramasse
mon rasoir
Et je me
rase quand même,
Car c’est
dans mes poèmes
Que se
cultive la gloire!
Pardonne-moi, Ô Allah !
Mon cœur est trop petit pour toi.
Mon cœur est trop sale pour être ta demeure.
Mon cœur que se partagent l’argent et la foi
Ne peut accueillir le Seigneur !
Mon cœur qui s’enflamme à la vue d’une femme,
Mon cœur qui a peur de la mort,
Ne peut aimer celui qui a fait mon âme,
Qui a façonné mon être et arrêté mon sort !
Tu es trop grand pour mon petit cœur.
Tu es trop fort pour le plus grand amour,
Toi que je n’oserai comparer à une fleur
Ou à une belle chose de tous les jours !
Je peux mentir à une femme ;
Je peux lui dire les plus belles rimes.
Mais c’est ce que n’oserait mon âme
Faire pour te plaire, toi, le Sublime !
Tu n’as pas besoin de mes vers.
Tu n’as pas besoin de mes larmes ou de mes soupirs.
Et si je pouvais t’aimer, toi, qui m’as tout offert,
Ce ne serait que pour ton propre plaisir !
Je sais que tu aimes d’autres âmes que moi.
Je sais que tu penses à d’autres cœurs que le mien.
Mais je ne saurais être jaloux pour ça :
Si tu penses à moi une seconde, ça me ferait du bien !
Je sais que l’on vénère d’autres dieux sous d’autres cieux,
Je sais que l’on leur apporte toutes les offrandes ;
Je sais que l’or et l’argent enivrent les yeux ;
Je sais qu’on est faibles devant la beauté du monde.
Mais je sais aussi que je ne pense pas à toi tout le temps–
Moi qui prétends pourtant croire que tu es le Seul Dieu !
Et je sais que j’ai péché pendant trop longtemps,
Alors que dirais-je de ceux qui vénèrent d’autres dieux !
Est-ce que tu me permets de te dire : Pardon ?
Est-ce que tu me permets de te dire : Je t’aime ?
Ou est-ce que ce serait un mensonge cette demande de pardon ?
Ou est-ce que tu prendrais ce poème pour un blasphème ?
Ô Allah, pardonne-moi !